• Projets et compagnons de route

    Aux côtés de Emmanuel Quinchez et Fiona Monbet, collectif d'opéra contemporain dont j'assure la direction musicale de puis 2016

    Miroirs Étendus est une compagnie de création lyrique et musicale à géométrie variable. La compagnie se consacre à la recherche de nouvelles formes lyriques et à la création d’opéras avec des artistes issus de tous les champs artistiques d’aujourd’hui. Nos spectacles, interprétés par des chanteurs lyriques, recourent le plus souvent aux techniques de la sonorisation et de la spatialisation. Ils sont conçus selon des modes d’écriture intégrant le plateau et dans l’esprit d’une ouverture aux esthétiques du paysage musical, de la musique contemporaine aux musiques électroniques.

     

    Pour nous, un opéra est une forme chantée qui raconte une histoire ; le reste – quoi mais aussi comment – dépend seulement du sens que l’on veut lui donner.

     

    Parallèlement à nos productions lyriques, l’Ensemble Miroirs Étendus, engagé sur nos projets d'opéra, propose chaque saison une série de concerts et récitals intégrant des créations, et explorant de nouvelles formes de présentation du répertoire de musique de chambre, classique et contemporain.

     

    Dans l’ambition de toucher le public le plus large possible, nos projets s’inscrivent dans une économie permettant à la plupart des théâtres de se porter partenaires et font l'objet d’un travail numérique par lequel nous expérimentons de nouveaux rapports dématérialisés et interactifs.

    Avec Marie Soubestre, "Chantera-t-on encore au temps des ténèbres ?"

    Une intégrale des lieder de Hanns Eisler sur les poèmes de Bertolt Brecht

    Voyage au long cours avec la soprano Marie Soubestre, autour des mises en musique des poèmes de Brecht par Hanns Eisler, et de commandes auprès de compositeurs amis autour de cette poésie comme une "arme chargée de futur".

    Pour suivre Brecht et Eisler on propose de constituer cette intégrale par toutes les associations possibles, en différentes formations, avec à chaque fois l'exigence de rendre accessible, par la vidéo, les mots autant que les sons. Par son programme esthétique et politique, il ne saurait être question que de musique, dans cet engagement qui ne veut rien d'autre, pour le dire avec Peter Brook, que "faire voir à nouveau".

    Avec Antoine Thiollier et Joséphine Stephenson, "Les Constellations"

    Un "opéra écrit au plateau", coproduit par l'Eventuel Hérisson Bleu, Miroirs étendus et l'Opéra de Lille

    Une création de la Compagnie de l'Eventuel Hérisson bleu ; Production Miroirs étendus ; Livret et mise en scène par Antoine Thiollier, musique de Joséphine Stephenson, avec Marianne Croux, Marie Soubestre, Marion Bordessoulles, Hugo Mallon, Fiona Monbet, Bertrand Laude

     

    Les Constellations - une théorie est un opéra co-produit par L’Éventuel Hérisson Bleu et Miroirs Étendus, bureau de production dans le domaine musical. Il s’agit d’une musique-fiction conçue au plateau par des artistes issus de la musique et du théâtre qui répond à l’envie de créer un opéra d’aujourd’hui.
    Le projet est né de la rencontre entre Joséphine Stephenson, compositrice franco-britannique, et Antoine Thiollier, dramaturge et metteur en scène de la compagnie L’Éventuel Hérisson Bleu. Deux mondes et deux imaginaires : un théâtre joyeux et une musique spatiale ; mais une parole surgissant dans un espace-temps en recomposition permanente. Et un unique mode de création, original, centré sur le plateau, où le texte et la musique se confrontent ensemble à la scène et se construisent ensemble. C’est peut-être ainsi que l’on fabrique un opéra, aujourd’hui. Dans l’ouverture aux modes de création d’aujourd’hui.
    Antoine Thiollier et Joséphine Stephenson disposeront d’un temps de recherche et de création au plateau particulièrement long, inédit pour un opéra, qui permettra de travailler la musique et le texte avec les interprètes. Le dépassement de la frontière entre l’écriture et l’interprétation, souhaité par les auteurs, se traduira par cet effort d’écriture commune mais également par la présence de Joséphine Stephenson sur scène, qui interprètera elle-même une ligne vocale et instrumentale. Il résultera de ce processus une forme légère, symbiose de théâtre et de musique, un opéra sonorisé avec trois comédiens, trois chanteurs et trois musiciens qui racontera une odyssée.
    Pourquoi les étoiles ? Parce que les étoiles sont des repères, dans le ciel, grâce auxquels les voyageurs se sont longtemps orientés et s’orientent à nouveau dans l’espace. Les constellations, des formes qui veulent dire quelque chose parce qu’on y a projeté du sens. Mais lorsque les étoiles meurent, elles s’éteignent et, sans pour autant disparaître, deviennent lentement invisibles : du noir sur du noir. Les étoiles
    Et si dans un futur proche, et d’un seul coup, les étoiles disparaissaient. Le ciel, à l’exception du Soleil, devient noir. À ce moment précis où l’homme serait contraint de se reposer la question de sa place dans l’univers, l’humanité répond par un geste incompréhensible, presque absurde, et décide d’envoyer à nouveau des hommes dans l’espace. Mais pas des scientifiques, pas des astronautes : une troupe, des musiciens. Missionnée pour « aller voir » et revenir – si c’est encore possible – et raconter ce qu’ils ont vu, inventer peut-être de nouvelles étoiles et de nouvelles constellations. Faire un spectacle. Bref, “en tout on a hérité d’étoiles mortes, et comment penser l’avenir” ?
    imaginées par Antoine Thiollier sont des étoiles mortes que nos yeux voient encore brillantes. Entre elles, dans l’obscurité, errent des corps célestes, égarés et sans repères : ce sont Homère et ses compagnons, incarnant une société désenchantée, une société d’individus évoluant noyés dans des symboles du passé qui sont pourtant leurs seuls repères dans le ciel.
    Le spectacle, en plus du texte et de la musique, parlera du temps, des sciences, des étoiles et du monde (passé, présent et futur). Il sera centré sur un journal (intime) de bord, une parole singulière, qui raconte les événements de la fable. Mais de ce texte surgissent des scènes, des ensembles, des panoramas et la musique, comme autant de décrochages pour inviter à penser par soi-même et inventer donc une musique-science-fiction. Il ne s’agit pas d’écraser le spectateur sous les références mais de l’encourager à naviguer aux étoiles, recomposer un sens, atteindre à une forme de musicalité de la pensée.

    (...) Je ne vais pas vous raconter l’histoire d’un chien

    Le chien et l’homme blabla

    Mais je ne sais pas

    Parfois je pense à Laïka

    Sacrifiée deux fois, abandonnée sur terre, abandonnée là-haut

    Pourquoi je dis là-haut

    Au-delà de l’atmosphère quoi

    Je laisse ma pensée aller où elle veut

    C’est comme le vaisseau

    C’est comme l’univers

    Mettons que j’ai tout écrit

    Homère c’est moi

    L’auteur universel L’Iliade c’est moi L’Odyssée c’est moi Les Bacchantes, surtout les Bacchantes, c’est moi La chanson de Roland, Mme de Sévigné, c’est moi Flaubert, c’est moi bien sûr, Shakespeare aussi Bernard Henri-Levi, Botho Strauss Heiner Müller et Harlen Coben c’est moi Et toutes ces conneries comme… Qui a vu Melancholia de Lars von Trier ? C’est moi qui ai rangé la boite qui contenait les étoiles ? Je voulais en mettre dans ma cabine Toute petite on dirait que je suis dans un bateau Mais sans voile
    Sans port Sans Finistère aussi Qui flotte dans le vide Comme un hologramme Ça n’est qu’une question de regard C’est comme tout, c’est comme les banlieues, J’allais dire les baleines, Je voudrais dessiner, définir, une constellation On l’appellera Laïka Un jour une chienne que les hommes ont aimée, haïe et aimée au point de l’envoyer paître toute serrée toute recroquevillée dans une capsule, comme une éclaireuse, elle a si bien cherché la lumière là-haut elle brille en été dieu si on la voyait encore je vous la montrerai là maintenant tout de suite à travers le hublot Avec mes étoiles Dans ma cabine dans ma petite chambre portative There will be not black holes J’ai compris maintenant Ça ne sert plus à rien de cartographier les étoiles… (...)

    Avec le collectif de théâtre "L'Eventuel Hérisson Bleu"

    Deux magnifiques et stimulantes collaborations avec la troupe des Hérissons et Milena...

    Première création avec une adaptation de Hamlet de Shakespeare en 2012, "J'expire aux limbes d'amour inavoué", et en octobre 2015, à Mains d'oeuvres, pour une nouvelle pièce cette fois inspirée du conte de Peter Pan de James Barrie et du roman Les Révoltés de Sandor Marai : "Et qu'on regarde l'heure il est toujours midi"

    "Et qu'on regarde l'heure il est toujours midi" (2015)

    Variation sur le mythe de Peter Pan

    Création le 19 mai 2015 à La Maison du Théâtre d'Amiens , spectacle écrit et mis en scène par Milena Csergo

    Avec Stéphanie Aflalo, Marion Bordessoulles, Simon Falguières, Romain Louveau, Hugo Mallon, Sven Riondet et Antoine Thiollier
    Collaboration artistique : Nadège Sellier
    Arrangements et création musicale : Romain Louveau
    Création lumières : Luc Michel
    Scénographie : Romain Crivellari
    Création costumes : Alix Descieux-Read
    Administration, production et diffusion: Cie de l'éventuel hérisson bleu

     

    Avec le soutien de la Maison du Théâtre d'Amiens, de Mains d'Oeuvres / Avec le soutien de la Région Picardie, du Ministère de la Culture - DRAC Picardie, du Conseil départemental de l'Oise / Avec l'aide à la production de la SPEDIDAM.

     

    Et qu’on regarde l’heure il est toujours midi est une variation sur le mythede Peter Pan.Si l’on retrouve les personnages de la fable initiale – Wendy, le coupleDarling, Peter Pan, Clochette, les enfants perdus, le capitaine Crochet –Milena Csergo s’affranchit du conte originel de James W.Barrie. Tous serévèlent moins comme figures que comme des intériorités errantes, en quêtede sens et d’amour.
    Milena Csergo a également proposé aux comédiens d’inscrire en filigrane leroman Les révoltés de Sandor Maraï, auteur hongrois du milieu du XXesiècle. Tandis que leurs pères sont au front, des adolescents découvrent leurindépendance, formant une bande autonome, c’est-à-dire régie par sespropres règles. L'oeuvre questionne les rapports de l'art et de la vie, lafaculté d'émerveillement et d’imagination, la lutte contre le temps et contrele vieillissement des hommes, des pères et du monde.
    Partout, nostalgie, renoncement, oubli, souvenir désespéré ou brûlant désir.
    Et finalement cette question, posée par le conte aujourd’hui : à quoi peut-oncroire encore ?

    "J'expire aux limbes d'amour inavoué" (2012)

    "Quel plaisir en ces premiers jours de rentrée de voir apparaître, sur la scène d’un théâtre, une jeune compagnie dont on ignorait tout et qui d’emblée vous intrigue (...). Ne cherchez pas à retrouver la pièce avec ses scènes et monologues célèbres. Les principaux personnages sont là (Hamlet père et fils, Ophélie, Gertrude, Polonius et Claudius, Yorick), l’histoire aussi mais rebattue dans un jeu auquel il manquerait des cartes et dont l’ordre aurait été perturbé. L’ambiance nous plonge dans une vieille histoire familiale, qui lorgne vers la légende et accouche d’un conte (...). Milena Csergo ne se bat pas avec la pièce de Shakespeare comme une chiffonnière qui veut en découdre, elle la glisse sous son oreiller, s’en souvient comme d’un conte lu enfant et dont il lui reste des bribes, des lueurs. Elle y perçoit quelque chose de vague mais d’insistant, quelque chose comme un adieu à l’adolescence (...). Toute la distribution est à louer. C’est là un travail de troupe cela se sent, cela se voit et le spectacle y fortifie son élan." RUE 89, 19/09/13. l'article de Jean-Pierre Thibaudat

     

    Création du 20 au 30 septembre 2012 à Mains d'Oeuvres, spectacle écrit et mis en scène par Milena Csergo

    Avec Marion Bordessoulles, Lou Chrétien, Romain Louveau, Hugo Mallon, Antoine Thiollier et Charles-Henri Wolff.
    Arrangements et création musicale : Romain Louveau
    Création lumières : Luc Michel.
    Création costumes : Alix Descieux-Read

    Avec l'aide à la création du Centre national du Théâtre / Avec l'aide à la production de l'Adami et de la Spedidam / Avec l'aide à la diffusion d'ARCADI Ile-de-France /Projet lauréat 2012 des Bourses Déclics Jeunes de la Fondation de France / Avec le soutien de la Région Picardie, du Conseil général de l'Oise, de Mains d'Oeuvres, de La Chartreuse - CNES, du Théâtre du Beauvaisis - SN de l'Oise en préfiguration, du Théâtre Ephéméride - La Fabrique, de la Comédie de Picardie - SC, de Paris Jeunes Talents, de la Mairie de Canny-sur-Thérain, du CIC Banque privée.

     

    D'un côté la vie, la figure tourmentée d'Hamlet, sa jeunesse écrasée par la demande meurtrière du père, les brutales prises de conscience qui s'en suivent.
    La famille pathétique. La violence et le dégoût. La canalisation des passions ou leur explosion. L'amour sciemment mis au ban.
    La mesure de l'écart entre l'idéal et le réel, la mesure de la faiblesse des hommes.

    De l'autre, les personnages morts de la tragédie qui se retrouvent dans les limbes, qui revivent leurs existences gâchées.
    Ils réapprennent à se parler, à aimer, peut-être à se pardonner.

    En tout cela, le théâtre, les artistes et/ou les fous, les clowns, qui réinventent le réel plutôt qu'ils s'y soumettent - sans savoir.

    Au milieu du spectacle, le passage dans les limbes... Sur la Vallée d'Obermann de Franz Liszt...

    Les adieux de Gertrude...